Les nouveaux chiens de garde …

Jérémy
Bonjour tout le monde les gens de la sphère virtuelle ! Dans l’article du jour, je vais m’essayer à faire une petite critique et j’avoue que ce n’est pas mon fort. Alors je vais faire comme d’hab, impro totale. J’en reviens donc à nos moutons, enfin ici ce seront plutôt des chiens. Je vais parler d’un documentaire de 2011 réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat répondant au doux nom de « Les nouveaux chiens de garde ». C’est l’adaptation de l’essai de Serge Halimi portant le même nom.  Ce dernier fait lui-même de nombreuses références au livre écrit en 1932 par Paul Nizan sous le titre « Les chiens de garde ». Je sais, l’historique est un peu long mais ça aide à se situer pour la suite de l’article.

Les chiens de gardes

Ceux que Paul Nizan et Serge Halimi appellent « les chiens de gardes » sont les gardiens de l’ordre établi. Ce sont les membres d’une certaine élite, fervents défenseurs de statut quo et du maintien des privilèges quelques soient leurs natures.

Les nouveaux chiens de garde

les-nouveaux-chiens-de-garde Nous voila à notre documentaire et il est venu le moment d’attacher sa ceinture. La trame du documentaire débute par l’allocution de Alain Peyrefitte, ministre de l’information de l’époque, signant la fin de l’ORTF telle qu’elle était jusqu’à ce moment là. Le pouvoir politique lâchait dès lors son étreinte sur le pouvoir médiatique. La pluralité des chaînes qui sont nées par la suite devait, quant à elle, assurer l’objectivité des journalistes et leur indépendance vis à vis des politiques. Serge Halimi fait donc une démonstration en 4 actes dans lesquels il montre les liens entres les mondes médiatique, politique et économique.

 

Ce que j’en pense

Alors les théoriciens du grand complot (j’exagère à peine) vont être contents. Le documentaire montre la face sombre et opaque des hautes sphères de notre bon pays. Il met aussi en évidence les liaisons (dangereuses) entre les politiques, journalistes et patrons de grands groupes.  Mais (il y a toujours un « mais »), je dirais que ce documentaire est un « procès à charge » pour le système. J’entends par là qu’il ne se suffit pas à lui même et qu’il ne montre qu’une seule des facettes du problème évoqué par Paul Nizan. Cependant, ce documentaire est très instructif sur les pratiques de nos chères élites adorées.Un sujet bien vaste à propos du quel je n’ai pas fini d’écrire.

 

Vieille élite et nouvelles générations

Jérémy
Bonjour tout le monde les gens, enfin ceux qui passent lire ce billet. Certes on pourra dire que je classe beaucoup de mes billets dans la catégorie « politique » mais il y a tellement de choses à dire sur ces gens que l’on pourrait en faire tout une bibliothèque. Notre « élite » vieillissante a décidément du mal à se faire à l’évolution des moeurs dans la société actuelle. Cependant, il n’y a pas que de bonnes choses dans ces changements de modes de vie et d’habitudes. Traditions ? Modernisme ? Sont-ce vraiment des valeurs incompatibles ? Dans un environnement social où les valeurs fondamentales changent sans cesse, il est parfois difficile de s’y retrouver.

Une élite ancrée dans le passé

La classe dirigeante de notre société a été formée, pour une grande partie, dans les années 70-80. De ce fait, elle est très liée aux pratiques sociétales de cette époque. En effet, dans la plupart des cas, nos gouvernants répondent aux problèmes qui se posent devant eux par des solutions d’un autre âge telles que les taxes, censures et répressions à tout va. Ils souhaitent tout contrôler, tout mettre dans le moule institutionnel. Typiquement les modes de communication dit « intéractif » sont gênant pour nos élites car ils ne contrôlent pas ce qu’il y transite.

Logo CSA

Logo CSA

Un bon exemple de cette peur du non-contrôle de l’information est l’insistance de la volonté du CSA de contrôler ce qui s’échange sur l’internet. Cette institution est l’un des symboles les plus flagrants du modèle de pensée des années 80 et 90. Elle est dirigée par des personnes n’ayant connues que la télévision et la radio qui sont des vecteurs unidirectionnels et surtout localisés de l’information.

Les jeunes générations évoluent vite

Quand aux p’tits jeunes, ils sont très sensibles aux différents phénomènes de modes mais ce n’est pas nouveau. Ce qui change la donne, c’est la démocratisation de l’Internet et surtout des réseaux sociaux de tous poils tels de Facebook et Tweeter pour ne citer qu’eux.

logos facebook et tweeter

logos facebook et tweeter

Ceux-ci ont surtout un effet de catalyseur sur les changements de comportement social sur les jeunes générations. Et oui, les effets de modes apparaissent plus vite et surtout s’imprègnent plus profondément dans la société.

Deux mondes incompatibles ?

Ces deux générations sont diamétralement opposées sur plusieurs points. Tout d’abord, sur le sujet des communications. D’un côté, nous avons une vieille élite (soixante-huitard and co) qui tendent à tout contrôler, que seul leurs messages soient entendus et que toute opposition soit réduite au silence absolu. De l’autre, nous avons une jeune génération qui cherche surtout rapidité et simplicité pour communiquer. Il ne faut pas non plus oublier que la défiance vis à vis de l’autorité est l’une des grandes caractéristiques de la jeunesse. Le meilleur moyen de leur faire faire quelque chose est de le leur interdire. De plus, les discours des anciens sont complétement ignorés par les jeunes générations. Celles-ci ne les écoutent pas et croient tout ce qui passent sur les différents réseaux que ce soit vrai ou faux (qui a dit naïfs).

Vivons nous dans le même univers

Ces différences dans le mode de pensée entre les jeunes adultes (ou pas) et notre vieille élite donnent une grande impression de distance. En effet, l’impression générale est que les politiques qui nous gouvernent ne vivent pas dans le même univers (parallèle ?) que le nôtre. Ils ne semblent pas avoir idée de comment vivent les gens dit normaux. Ce sentiments est encore plus fort chez les plus jeunes car ceux-ci sont confrontés de manière directe par les problèmes de chômage, manque de moyens, logements et j’en passe… Alors quand les gouvernants parlent de « petits efforts » pour symboliser un impact des plus sensibles sur les fiches d’impositions et de paie (quand il y en a), ceux-ci ne peuvent faire autrement que se sentir lésés.

Neutralité du net Vs Intérêts économiques

Jérémy
Bonjour les lecteurs de passage ! Certes ça fait un bail que je n’ai pas écrit de billets sur le blog, ceci est dû à des soucis d’ordre personnel toussa toussa. C’est, comme dirait l’autre, la vie. Mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. En effet, je voudrais plutôt écrire sur un aspect des réseaux actuels qui me rend perplexe… La « neutralité du net » et les interactions avec les différents acteurs économique du secteur.

 

 Qu’est-ce que l’Internet ?

 Avant même de parler de neutralité du net, je vais faire une rapide définition de l’Internet. Et non, n’en déplaisent à certains, Internet ne se résume pas à Facebook et Google. Internet est l’abréviation de « inter-network », en termes clairs pour le commun des mortels, c’est le réseau des réseaux. Pour simplifier un peu le système,  nous avons notre propre réseau à la maison, notre fournisseur d’accès Internet (FAI) a son propre réseau et les fournisseurs de service (ex : Google et Facebook) ont les leurs. Nos réseaux à la maison sont connectés à celui de nos FAI avec l’aide des « box »et les FAI font des contrats entre-eux et avec les fournisseurs de services pour se connecter ensemble. Tout cet ensemble de réseaux connectés ensemble constituent l’Internet.

 

Neutralité des réseaux principe central de l’Internet

 L’Internet a été pensé comme un média neutre ne faisant transiter que de l’information. Ce réseau est conçu pour être bidirectionnel par opposition aux canaux de diffusion tel que la télévision et la radio qui sont unidirectionnels. Dans ce système, un autre principe fondamental est l’égalité. En effet, deux machines sur Internet « discute » d’égale à égale moyennant bien sûr des contraintes techniques. Ces contraintes sont souvent les inter-connexions entre les réseaux. L’exemple le plus courant étant nos connexions ADSL avec une réception forte et un envoi faible.

 

Intérêts économiques

Depuis que l’Internet est sorti du cadre strictement universitaire dans lequel il est née divers acteurs économico-médiatiques ont commencé à s’intéresser à ce média dont les maîtres mots sont intéractivité et vivacité. Tant que ces acteurs n’avaient pas atteint masse critique, cela n’étaient pas gênant pour les différents FAI car la charge pour eux restait raisonnable. À partir du moment où les fournisseurs de services deviennent « gros », ils génèrent plus de traffic sur les réseaux des FAI qui doivent donc faire certains investissements pour que leur réseau puisse supporter cela sans dégrader les accès aux autres contenus. Cette mutation de l’Internet a eu pour conséquence de créer des tensions entre les FAI et les fournisseurs de services. Des exemples de conflits récents entre FAI et fournisseur de service concernant leurs accords d’inter-connexions se sont démarqués. Notamment Google contre Free et Netflix contre Comcast. Les premiers générant des trafics plus que conséquents commençait à peser sérieusement sur les investissements des seconds. Donc pour pousser Google et Netflix à mettre la main à la poche, Free et Comcast ont bridés les trafics venant de ces premiers et ce aux détriment des utilisateurs finaux… C’est à dire nous. Certains autres acteurs en difficulté vis à vis de la concurrence jouent de leur influence dans les hautes sphères étatiques pour les avantager un peu. C’est le cas du groupe Canal+ qui a évoqué de passer par la loi pour obliger les FAI à prioriser, à titre gracieux, son trafic par rapport à celui des autres.

 

Pourquoi c’est en contradiction ?

Dans un monde où la rentabilité est la principale motivation, le principe d’égalité a tendance à passer en arrière plan. D’un côté, il y a les FAI qui cherchent à faire des réseaux dimensionnés au plus juste pour réduire au maximum les coûts d’infrastructure et donc maximiser leur profits. Et de l’autre côté, des fournisseurs de services qui font tout pour ne payer plus cher en inter-connexion avec les FAI. Toujours dans le but d’optimiser la rentabilité, ces entités sont en conflit quasi-permanent en résultant une discrimination des flux suivant les leurs provenances et les contrats d’inter-connexion associés le tout pour soit faire pression soit optimiser les coûts. Le tout impacte directement les plus petits acteurs et de loin les plus nombreux, les internautes (nous quoi).

 

Quel avenir ?

Il y a deux façons de voir l’avenir de l’Internet la première est un peu utopique et la seconde assez pessimiste.

  • Dans la vision utopique, on peut aisément imaginer que les différents acteurs du secteur vont trouver un équilibre pour pouvoir fournir un accès équitable aux différents services dans la mesure du possible techniquement. Avec le moins de discriminations possibles sur le contenu.
  • La version pessimiste de l’avenir nous laisse entrevoir un Internet ressemblant plus ou moins aux réseaux de diffusion actuels. Un média avec des contenus sélectionnés par des autorités qui décident pour les gens ce qu’il est bon de voir et censure ce qui n’est pas politiquement correcte. Le fait que le CSA veille à tout prix contrôler Internet de la même manière que la télévision l’est est une bonne illustration de cette vision bien sombre.

Il est de notre responsabilité à tous de protéger les média libres de toutes formes de propagande et de faire la part des choses entre ce qui bon ou pas.

Les politiques et la justice

Jérémy
Bonjour les gens

La politique et la justice sont des composantes essentielles au bon fonctionnement de la Vème République. La première est censée est là pour représenter les citoyens vis à vis de l’exécutif tandis que la seconde est là pour faire respecter la loi. Voilà pour les présentations des 2 protagonistes, l’actualité récente nous ramène de fait à la relation assez tumultueuse entre ces deux groupes.

En effet, entre la mise en examen de M. Sarkozy, notre ancien Président et l’ouverture des procédures judiciaires à l’encontre de M. Cahuzac pour fraude fiscale et tout le toutime, met en évidence les tensions qu’il existe entre ces deux mondes. Avec les récents événements, nous avons pu voir un beau florilège des réactions possibles des politiciens vis à vis des décisions de justices à leur encontre.
Ça va du comportement que je qualifierais de normal, qui consiste à dire que la justice doit faire son travail et qu’à la fin la vérité éclatera au grand jour, au mode « caliméro », en brocardant d’entrée de jeu la grande théorie du complot contre le gentil homme politique qui est un véritable saint.

Ce que je trouve plus choquant dans tout ça, c’est qu’une proportion non négligeable de nos hommes politiques ont ou ont eu des déboires avec la justice et ce, pour des femmes et hommes censés nous représenter, est inacceptable. Les politiques, pour la plupart, ne le sont plus par vocation mais par carriérisme et les différents gouvernements qui se sont succédés depuis une bonne vingtaine d’années nous le démontre. Et pour gravir plus rapidement les échelons, certains n’hésitent pas à franchir la ligne jaune de la légalité… Ne faudrait-il pas forcer à être irréprochables et baisser les « indemnités » perçues par ceux-ci pour que seuls ceux qui ont une réelle vocation à servir la république restent ? Tout du moins ce sont les questions que je me pose …

 

Affaire hadopi (suite)

Jérémy
Bonjour aux passants !

Dans ce billet qui devrait rester bref, je vais revenir sur l’affaire opposant TF1 et l’un de ses employés au sujet de l’HADOPI. En effet, j’ai laissé ce cas au moment où l’on attendais la tenue du procès au prod’hommes opposant notre ingénieur en informatique et son employeur e-TF1. Pour avoir l’historique un peu plus complet de l’affaire, je suggère la lecture de l’article précédent sur le sujet.

Le procès a eu lieu le 6 avril dernier et le jugement en lui-même a été rendu le 1er Juin par le Conseil des Prud’hommes de Boulogne Billancourt. e-TF1 a finalement été condamné à 27 000 euros pour « licenciement sans cause réelle et sérieuse ». Cela peut paraître bien maigre mais l’atteinte aux libertés fondamentales n’a pas été retenu pas le conseil des Prud’hommes car cela est hors de son domaine de compétence. Notre ingénieur, étant un adepte du petit oiseau bleu, reconnait une première victoire mais pour l’essentiel de la plainte n’a pas été abordé pour le conseil prod’hommal par un tweet ou gasouilli comme dirait les immortels.

Condamnation en trompe l’oeil pour TF1, le licenciement à certes été abusif mais il manque l’essentiel l’atteinte aux libertés fondamentales

Pour résumer la condamnation à l’encontre du groupe TF1, il devra verser 27 000 € au titre du licenciment abusive ainsi que 1200 € au titre des frais de justice au plaignant.  Suite à la plublication officielle du verdict, notre ingénieur ne compte pas en rester là et fait appel du jugement, en effet le coeur du problème n’a pas été traité. Je préfère un extrait d’une interview auprès de ecrans.fr qui ne laisse pas d’ambiguïté sur ses motivations.

Le ressort le plus déterminant de cette affaire, la raison même de cette action juridique, n’est donc pas tant la réparation d’une rupture abusive d’un contrat de travail. Mais sa cause initiale, dont mon licenciement n’est que l’un des effets. Un point de départ fondé sur un désaccord d’ordre politique, lui-même motivé dans une requête explicite adressée par un représentant de l’autorité politique

Le fait est que dans cette affaire, le déclencheur de la procédure de licenciement a été un mail envoyé, à un député certes, mais à titre de citoyen et donc personnel. La loyauté envers son employeur n’empêche pas d’être en désaccord avec lui. Si l’on commence à instaurer un lien d’aservicement en l’employé et son employeur, on commence dangereusement à attaquer les libertés de chacun et on s’approche de façon inquiètante d’une forme d’esclavage. Personnellement, c’est ce que je comprends de cette affaire et de la volonté de mon collègue à faire reconnaitre l’atteinte aux libertés fondamentales.

Sur ce, tous commentaires ammenants au débat sont bienvenus.

Publique/Privé la nuance est mince …

Jérémy
Bonsoir à tous,

Ce dont je vais parler est une affaire qui a commencé début 2009 en plein début sur le projet de loi « hadopi » de l’époque. Pour faire un résumé de celle-ci, il s’agit d’un litige entre un employé, ingénieur informatique, et son employeur qui n’est autre que e-TF1 filiale de TF1. Donc commençons du début.

Notre ingénieur s’intéressant au débat publique du moment, c’est à dire dans notre cas HADOPI. Il a exprimé son désaccord vis à vis de se projet de loi à la député de sa circonscription, Françoise de Panafieu, par courrier électronique. Le cabinet de Mme de Panafieu a transféré ce courrier électronique au ministère de la culture. Celui-ci est pris en charge par M. Christophe Tardieu chef de cabinet adjoint de Christine Albanel. Celui-ci transfère ce courrier à M. Jean Michel Counillon, le secrétaire général de TF1, en y apposant une petite remarque qui ne manque pas de sarcasme :

Bonjour Jean-Michel, vous avez des salariés qui, manifestement, aiment tirer contre leur camp. Cordialement

Illico presto, notre ingénieur est viré au motif qu’il a des opinions trop divergente avec celle de son employeur. Il est à rappeler que TF1 soutenait ouvertement le projet de loi « création et internet » alias HADOPI. Logiquement l’employé ainsi viré porte plainte au pénal pour « discrimination en raison des opinions politiques » . Le 6 mai 2010, Philippe Courroye, procureur de la République du tribunal de Nanterre, conclut au classement sans suite au motif que cela concerne plutôt les conseils des prud’hommes. Le procès au prud’hommes s’ouvrira demain le 6 avril à Boulogne-Billancourt.

Bien au delà du jugement au prud’hommes en lui-même, cela pose le problème de la liberté d’expression. En effet, peut-on être en désaccord avec son employeur à titre strictement privé ? C’est un peu la question qui ressort à travers cette affaire. Si la réponse est réellement « non »,  alors nous pouvons être inquiets sur notre liberté d’opinion.